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Le 26 février 2015

La biodiversité à l’Union étudiée par des écologues

  • Le Parc
La biodiversité à l’Union étudiée par des écologues

Fin 2014, les écologues chargés de faire l’inventaire de la faune et la flore de l’Union rendaient leur rapport. Le printemps arrivant, faisons le point sur la biodiversité de l’Union. Quelles sont les espèces végétales et animales présentes ? Pourquoi ? Comment les aménagements prévus sur l’Union vont-ils interagir avec la faune et la flore présentes ? Comment fait-on pour installer la nature en ville ? Explications avec Jean-Benoît Morel, ingénieur écologue du bureau d’études Airele.


Un inventaire de la biodiversité,
à quoi ça sert ?

C’est un élément fondamental quand on travaille sur la manière d’intégrer ou de développer la nature dans un quartier en construction. Il faut savoir préserver et enrichir la biodiversité et en suivre l’évolution. Nous travaillons surtout à partir d’observations. La meilleure période pour inventorier les espèces, c’est le printemps et l’été. C’est en effet la période de reproduction des animaux. Nous avons donc réalisé plusieurs sessions d’observation entre mars et septembre 2014 dans l’éco-quartier de l’Union. Notre équipe était constituée de trois personnes : un botaniste, un ornithologue, un entomologiste (spécialiste des insectes) également spécialisé dans les mammifères.

Quelles sont vos méthodes ?

Les protocoles d’inventaire dépendent de ce que l’on cherche. Pour les insectes, il suffit de se balader avec un filet à papillons ; on détermine à l’œil ce que l’on a attrapé. Pour les oiseaux, l’ornithologue va travailler à partir de leurs chants. Il se poste pendant 20 minutes devant une haie et écoute ce qu’il se passe. Cela lui permet de distinguer les différentes espèces présentes. Pour les chauves-souris, nous utilisons un détecteur d’ultrasons. En les analysant ensuite à l’aide d’un logiciel, on peut déterminer les espèces présentes.

Pour ce qui est de la flore, là encore, il faut se promener sur le site et noter tout ce que l’on voit.

Qu’avez-vous trouvé
sur le site de l’Union ?

L’Union est un milieu urbain, sur lequel on ne peut pas trouver énormément d’espèces protégées. Mais il y a effectivement des choses intéressantes. Au niveau de la flore par exemple, un jonc particulier, qui est protégé dans la région, s’est développé le long du canal. Nous avons identifié la présence de nombreuses espèces d’oiseaux – une trentaine : des merles noirs, des moineaux mais aussi des petits passereaux comme des mésanges, des fauvettes qui peuvent nicher dans les haies présentes le long de la voie ferrée. Nous avons également déterminé une vingtaine d’espèces de papillons et une dizaine d’odonates, c’est-à-dire des libellules. L’Union compte aussi deux espèces de chauves-souris, la pipistrelle classique et le murin de Daubenton qui chasse au-dessus de l’eau et qui apprécie ici la présence du canal.

Comment pensez-vous que
la biodiversité va évoluer à l’Union ?

C’est un milieu en restructuration. Pour l’instant, les friches sont favorables au développement des insectes. A terme, grâce aux nombreux arbres qui auront poussé, il y aura davantage de petits passereaux, mais aussi des martins-pêcheurs ou même des foulques : ils pourront s’installer à proximité des zones humides du site. Les évolutions les plus importantes se feront au niveau de la flore : les espèces sensibles pourront se développer car il y aura une gestion adaptée des espaces verts. Le bassin le long du canal est en cours de colonisation aussi. Nous n’avons pas trouvé d’amphibiens lors de ce premier inventaire mais les tritons et les grenouilles vont pouvoir s’y développer.