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Le 19 octobre 2015

« La pérennité d’un bâtiment lui donne aussi sa dimension écologique »

  • La Tossée
  • Projet urbain
« La pérennité d’un bâtiment lui donne aussi sa dimension écologique »

La ruche d’entreprises de l’Union ouvrira bientôt ses portes. Le bâtiment, impressionnant, relève de la prouesse architecturale. Oliver Camus, l’un des architectes du bâtiment, revient sur ce grand projet.


Ils se sont rencontrés à Saint-Luc à Tournai pendant leurs études d’architecture. Après s’être fait leurs armes en travaillant dans des agences, Olivier Camus et Lydéric Veauvy décident de monter Tank Architectes en 2004. « On a commencé par faire des maisons, puis on a remporté des marchés publics. Aujourd’hui, on ne veut pas s’enfermer dans un seul type de sujet. On aime la diversité, ce qui nous permet de nous nourrir de nos expériences pour imaginer les projets suivants. Etablissements scolaires, logements, projets atypiques, réhabilitations, on répond à tout ce qui nous stimule ! », indique Olivier Camus. Une curiosité et une façon de voir les choses qui leur a permis de remporter la construction de la ruche d’entreprises de l’Union. Aujourd’hui, ils voient leur projet sortir de terre.

 

Un défi à relever

« L’appel d’offres comprenait une ruche d’entreprises et un parking silo ; nous avons donc décidé de proposer une structure unique qui comprend les deux fonctions et qui peut évoluer », se souvient Olivier Camus. Alors oui, la ruche d’entreprises de Tourcoing a une structure alvéolée qui fait penser à celle d’une vraie ruche. Mais, « les alvéoles, ce n’est pas juste pour rappeler la ruche. Il y a une vraie structure au bâtiment qui lui donne effectivement ces formes d’alvéoles qui reprennent les efforts latéraux de la structure », explique l’architecte.

En effet, pour permettre au bâtiment de se transformer au fil du temps et en fonction des besoins de ses usagers, l’équipe de Tank Architectes a conçu la ruche d’entreprises comme un îlot. « Nous voulions faire référence aux châteaux de l’industrie qui ont marqué l’histoire du territoire. Il y a un vrai travail du béton pour la ruche, avec également une façade épaisse qui propose des usages et joue avec la lumière. Ce n’est pas un bâtiment lisse. » La construction de la ruche s’est d’ailleurs révélée être un défi d’ingénierie, « les poteaux en béton sont coulés sur place en une fois, il ne s’agit pas d’un assemblage, on s’est demandé si ça serait réalisable et quand on voit aujourd’hui ce que ça donne, on est assez fiers du travail réalisé par les entreprises. »

Mais au-delà de sa structure impressionnante, la nouvelle ruche d’entreprises correspond aux exigences écologiques de l’écoquartier de l’Union. « La dimension écologique est essentielle pour nous. Mais nous ne voulons pas faire des bâtiments uniquement écologiques ; avec la ruche, il y a quelque chose en plus. » Si elle respecte toutes les normes thermiques en vigueur, le caractère mutable de la ruche lui donne ce plus dont parle Oliver Camus. « La pérennité d’un bâtiment lui donne aussi une dimension écologique. Ce bâtiment est complètement transformable. On peut tout déplacer pour en faire autre chose : les rampes en métal du parking peuvent être facilement démontables par exemple. Dans 10 ou 15 ans, on ne cassera pas du béton pour le faire évoluer. C’est ça qui est important », conclut Olivier Camus.