Derrière l’Atelier électrique, il y a un joli jardin d’environ 200 m2, original par sa simplicité et son naturel. Au-delà, la friche qui s’étend est discrètement aménagée de petits sentiers. Elle est ponctuée de repères qui permettent de différencier les plantes indigènes et celles qui ont été apportées, fortuitement ou pas, sur le site au fil du temps. Le tout est l’œuvre d’un jeune artiste-botaniste, Tiphaine Hameau, spécialiste des terrains en friche.
Herbes fauchées
Sa philosophie des jardins se résume à une belle formule : « l’art du bon ménage » Pas question de désherber et terrasser à tout va pour replanter à neuf. Pour lui, « un terrain délaissé ne l’est jamais vraiment, c’est plutôt nous qui connaissons mal les plantes », et il ajoute « chaque friche a une histoire, que j’essaye de faire ressortir en intervenant sur le terrain avec respect, en douceur. » Appelé en 2009, juste avant l’inauguration de l’Atelier électrique, Tiphaine Hameau a commencé par recenser les plantes, puis il a modelé l’espace du jardin avec les moyens du bord. Herbes fauchées pour faire des paillis, gravats du chantiers pour créer des reliefs. Surtout pas de clôtures : « pour fêter l’ouverture d’un lieu, dit-il, ç’aurait été malvenu. »
A l’écoute des saisons
Depuis 2009, il passe régulièrement pour entretenir le jardin de l’Atelier et le faire évoluer. Il a également répertorié les plantes intéressantes des jardins privatifs de l’îlot Stephenson, afin qu’elles soient préservées pour les futurs habitants. Son travail discret et patient, à l’écoute des saisons, du sol et des plantes, se révèle pleinement quand il le commente, ce qu’il fait volontiers pour les visiteurs de passage. Son rêve : que l’aménagement des villes, à l’avenir, se fasse plus souvent comme ici, en valorisant la poésie des friches reconquises par la nature.







